Un pourboire gonflé au restaurant?


Les clients qui paient leur pourboire au restaurant en utilisant la fonction pourcentage sur le terminal Interac ne se doutent pas toujours qu’ils paient plus de pourboire.

FRANCE BOURGIE

Les clients qui paient leur pourboire au restaurant en utilisant la fonction pourcentage sur le terminal Interac, quand ils paient avec une carte de débit ou de crédit, ne se doutent pas toujours qu’ils paient plus de pourboire que s’ils se bornent à additionner le montant des deux taxes pour déterminer quel montant laisser au serveur.

Cela s’explique par le fait que le pourcentage de 15%, déterminé par défaut sur plusieurs terminaux, est calculé sur un montant qui inclut les deux taxes.

Sur une facture de quelques dollars, la différence est minime, mais sur une facture de plus de 100$, la différence peut rapidement atteindre plusieurs dollars.

Par exemple, sur une facture de 150$ au restaurant (taxes exclues), 15% de pourboire représente 22,50$. Si on inclut les taxes avant de calculer, on versera cependant 25,88$ de pourboire, soit 3,38$ de plus.

Un coup de sonde d’Argent au restaurant Le Club Sandwich, rue Sainte-Catherine Est, suggère que plusieurs clients ignorent qu’ils paient plus de pourboire en choisissant l’option pourboire sur Interac. « Vous me l’apprenez, je vais changer mes habitudes », ont indiqué des clients.

En entrevue, la porte-parole du Mouvement Desjardins, Nathalie Genest, a expliqué que le choix de calculer le pourboire en incluant les taxes avait été fait de façon délibérée par les fournisseurs de terminaux. « Ça évite de devoir tout reconfigurer chaque fois que les gouvernements décident de changer le taux de taxation », a-t-elle expliqué.

Les terminaux de Desjardins sont toutefois parmi les seuls à donner le choix au client de déterminer lui-même le pourcentage de pourboire qu’il souhaite donner, d’autres terminaux allouant automatiquement 15%, a précisé Mme Genest.

Le serveur, le grand gagnant

Selon la fiscaliste France Bourgie, c’est le serveur qui sort grand gagnant du surcroît de pourboire versé par les clients qui utilisent l’option pourboire électronique.

« C’est légal. Les gens doivent faire leur devoir et vérifier combien ils donnent », a-t-elle mentionné.

Le restaurateur n’est pas nécessairement gagnant, si ce n’est qu’il a des employés plus heureux. Il profite d’un crédit d’impôt, mais il doit aussi verser des déductions à la source plus élevées, a mentionné Mme Bourgie.

Le client est sans conteste le grand perdant de cette pratique, lui qui paie plus sans toujours s’en rendre compte.

Pour éviter de payer plus que 15% pour un service qu’on juge ordinaire, Mme Bourgie recommande de ne pas hésiter à ajouter 12 ou 13% de pourboire sur les terminaux qui le permettent, de façon à donner le même montant qu’on donnerait si on additionnait simplement les deux taxes.